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C'est le 19 mars 1958 que ma Mère, Mireille, me donne le jour à Lille (Nord). Fils de Roger, premier et seul, selon la tradition j'en porterai le prénom. Mireille, Françoise et Christine sont mes Soeurs. Dès ma plus tendre enfance je découvrirai les joies saines et vivifiantes de la campagne aux abords d'une jolie petite ville de la Somme, Montdidier. De là naîtra mon Amour immodéré pour les choses simples et humaines auprès de ma Grand-Mère adorée, Madeleine. Partagé entre la Passion de ma Mère pour la Peinture et celle de mon Père pour la Musique, j'en aurai les deux. Et c'est tout naturellement qu'à l'âge où on s'écrit sous le pupitre de la classe que je glissais des caricatures enfantines à mes petits voisins pour leur plus grand enchantement. Espiègle,j'entrerai dans une exposition, lors du vernissage et je serai en quelque sorte baptisé par un Point qui s'étonnait de se trouver seul au milieu d'une grande toile. Un peu comme moi dans ce vernissage. Frappé par cette simplicité de langage artistique je décidais d'en créer Un moi-même une fois rentré, ce qui ne fut pas difficile. Ce point final fut mon point de départ. Délaissant par trop souvent les écrits au profit du dessin, oubliant par là-même d'étudier, je fus vite jeté dans une vie active qui ne m'a pas épargné. J'en ai souffert physiquement et moralement. Par contre j'en ai compris la valeur du Travail. C'est dans cette période que je découvre la Lumière dans un tableau de Dali, Saint Jean-de-la-Croix. Cette Lumière brille encore en moi. Liliane, ma jeune Epouse, et moi décidons que je prendrai la mer de l'Innocence afin d'en découvrir les Secrets. D'expériences en essais, j'ai commis toutes les erreurs mais cent fois je me suis remis à l'ouvrage, refusant la fatalité qui me condamnait à errer. J'ai imaginé un Monde que j'ai fini par me construire. Du Point, j'ai délaissé la démarche intello-métaphysico-snobinarde pour n'en garder que la Lumière. David, Jacques-Louis de son prénom, m'a ouvert l'Ame et le Coeur à cette Passion. De modestes copies de Maîtres jusqu'à mes propres créations, je suis particulièrement attiré par le Portrait. Non pas que j'en oublierais les lacets de chaussures qu'aucuns font en très gros plan et de long en large pour encenser le nombrilisme dont Dieu les a affublés et déliquesçant à la foule médusée, des théories plus fumeuses les unes que les autres mais je m'attache sentimentalement à contempler les grains de Lumière qu'a déposé Vermeer, pour n'en citer qu'un, sur ses sujets. Quant à moi, le sujet me sert de support pour justifier la Lumière que j'essaie de saisir, de fait ce ne sont pas des yeux que je peins mais des regards. La Beauté se fait aussi parfois intérieure. C'est pourquoi, à ce jour, lorsque je peins je m'ouvre à la Nature tout en la respectant et je saisis des Ames pour La servir en Peinture. Roger Renard
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